La maison - atelier

On recherche : véritable atelier de peinture

1936 :

Le peintre français Jean Lurçat est en villégiature sur la Riviera vaudoise avec son épouse, qui fréquente régulièrement l’échoppe des couturiers Alfonsina et Pietro De Grandi, parents d’Italo et Vincent.

En voyant les tableaux de ces deux jeunes artistes talentueux et enragés de peinture, Jean Lurçat décide de les inviter à Paris, afin de l’aider à réaliser toute une série de cartons de tapisserie pour l’Exposition internationale des Arts et Techniques de 1937.

Les deux frères travillent ainsi pendant deux ans à Paris, dans de véritables ateliers de peinture, avec haut plafond et grande verrière au nord, pour une lumière naturelle constante.

Jean-Lurçat_1926

Jean Lurçat dans son atelier à Paris en 1926

Comme peintre, Jean Lurçat s’illustra dans des domaines très variés : fresque, vitrail, céramique ou encore comme décorateur de théâtre et peintre cartonnier de tapisserie (peignant sur des cartons de tapisserie destinés à être tissés).

On recherche : véritable atelier de peinture

1936 :

Le peintre français Jean Lurçat est en villégiature sur la Riviera vaudoise avec son épouse, qui fréquente régulièrement l’échoppe des couturiers Alfonsina et Pietro De Grandi, parents d’Italo et Vincent.

En voyant les tableaux de ces deux jeunes artistes talentueux et enragés de peinture, Jean Lurçat décide de les inviter à Paris, afin de l’aider à réaliser toute une série de cartons de tapisserie pour l’Exposition internationale des Arts et Techniques de 1937.

Les deux frères travaillent ainsi pendant deux ans à Paris, dans de véritables ateliers de peinture, avec haut plafond et grande verrière au nord, pour une lumière naturelle constante.

Jean-Lurçat_1926

Jean Lurçat dans son atelier à Paris , en 1926

Comme peintre, Jean Lurçat s’illustra dans des domaines très variés : fresque, vitrail, céramique ou encore comme décorateur de théâtre et peintre cartonnier de tapisserie (peignant sur des cartons de tapisserie destinés à être tissés).

1938 :

De retour à Vevey dans l’appartement de leurs parents, pas de haut plafond ni de grande verrière au Nord…

Ils se mettent donc à la recherche d’une parcelle de terrain pour y construire un atelier de peinture, et reprennent contact avec l’architecte Alberto Sartoris, recontré lors de deux expositions collectives au musée Jenisch à Vevey, auxquelles ils ont participé en 1933 et 1938.

En cours d’élaboration du projet, il leur semble évident de joindre au volume de l’atelier une unitéd’habitation minimale – selon les canons de l’architecture moderne de l’époque.

Maintenant habitable, ce projet change de destin pour devenir à la fois l’atelier des deux peintres et le domicile de la famille d’Italo, qui vient de se marier à Élisabeth Huguenin, elle aussi artiste – ancienne élève de Casimir Reymond, à l’École de dessin et d’art appliqué de Lausanne.

Albert_Sartoris_1934

Alberto Sartoris avec la maquette de la maison pour Roman Brum en 1934

Né à Turin en 1901, Alberto Sartoris, théoricien et professeur, est un pionnier de l’architecture moderne. Formé à l’École des Beaux-Arts de Genève, il entre en contact avec les avant-gardes internationales, en particulier avec le futuriste italien F.T. Marinetti en 1921. Avec Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Robert Von der Mühll notamment, il fonde le Congrès International d’Architecture Moderne (CIAM) à La Sarraz en 1928.

1938 :

De retour à Vevey dans l’appartement de leurs parents, pas de haut plafond ni de grande verrière au Nord…

Ils se mettent donc à la recherche d’une parcelle de terrain pour y construire un atelier de peinture, et reprennent contact avec l’architecte Alberto Sartoris, recontré lors de deux expositions collectives au musée Jenisch à Vevey, auxquelles ils ont participé en 1933 et 1938.

En cours d’élaboration du projet, il leur semble évident de joindre au volume de l’atelier une unité d’habitation minimale – selon les canons de l’architecture moderne de l’époque.

Maintenant habitable, ce projet change de destin pour devenir à la fois l’atelier des deux peintres et le domicile de la famille d’Italo, qui vient de se marier à Élisabeth Huguenin, elle aussi artiste – ancienne élève de Casimir Reymond, à l’École de dessin et d’art appliqué de Lausanne.

Albert_Sartoris_1934

Alberto Sartoris avec la maquette de la maison pour Roman Brum en 1934

Né à Turin en 1901, Alberto Sartoris, théoricien et professeur, est un pionnier de l’architecture moderne. Formé à l’École des Beaux-Arts de Genève, il entre en contact avec les avant-gardes internationales, en particulier avec le futuriste italien F.T. Marinetti en 1921. Avec Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Robert Von der Mühll notamment, il fonde le Congrès International d’Architecture Moderne (CIAM) à La Sarraz en 1928.

Esquisses préliminaires

Pour l’architecte Alberto Sartoris,  ne s’agit pas seulement d’une maison mais d’une construction qui allie deux fonctions: un atelier de peintre et son habitation.

Ainsi, au début du processus de projet à Corseaux, l’exigence de faire cohabiter deux programmes a guidé le tracé des premiers croquis où l’architecte a exploré les possibles articulations de volumes élémentaires.

A-Sartoris_Esquisses

1er avant-projet

De ces études a découlé un premier avant-projet caractérisé par deux prismes à base presque carrée qui se compénètrent, mais se distinguent en élévation par leurs différentes hauteurs. Un espace allongé, orienté est-ouest, connecte les fonctions et distribue les parcours sans être toutefois lisible depuis l’extérieur.

A-Sartoris_1er-Projet

2ème avant-projet

Sartoris a élaboré ensuite des variations qui, en passant par l’étape intermédiaire d’un deuxième avant-projet, ont abouti au projet réalisé. C’est le principe de soustraction qui a guidé ce travail d’élaboration, à la recherche d’une solution unique, mais tout en gardant les deux fonctions assignées à deux volumes distincts. Le projet intermédiaire n’atteint pas encore ce stade, faute d’un plan très articulé et d’une coupe qui n’est compacte qu’en apparence.

A-Sartoris_2eme-Projet

Projet construit en 1939

Seule la troisième solution manifestera les principes de rationalité et de fonctionnalité dans la composition des volumes comme dans la distribution des fonctions.

Chantier_nord-ouest
Chantier vu du nord-ouest
A-Sartoris_projet-construit-nord
Axonométrie nord-ouest
A-Sartoris_Projet-construit-sud
Axonométrie sud-est
Vincent-Italo-Alberto_1939
Vincent, Italo et Alberto en chantier
A-Sartoris_Photo-construit-sud
Vue du sud-est en 1939

Extensions ultérieures

1942 :

Après la naissance de leur fille aînée Vincente et de leur fils Pierre, Italo et Élisabeth décident, sans toutefois consulter Alberto Sartoris, de créer une chambre supplémentaire. Cette aile sud-est sera accessible en utilisant le 4ème panneau vitré du hall central.

Extension_Aile_sud-est
Aile_sud-est

Extensions ultérieures

1942 :

Après la naissance de leur fille aînée Vincente et de leur fils Pierre, Italo et Élisabeth décident, sans toutefois consulter Alberto Sartoris, de créer une chambre supplémentaire. Cette aile sud-est sera accessible en utilisant le 4ème panneau vitré du hall central.

Extension_Aile_sud-est
Aile_sud-est

1954 :

Après la naissance de leur deuxième fille Laure, puis de leur fils cadet François, Italo et Élisabeth décident, de leur propre chef, d’agrandir la cuisine, et d’aménager le volume situé entre celle-ci et l’Aile sud-est en chambre de bonne.

Cette extension nord-est est accessible directement depuis le hall central par une nouvelle porte vitrée.

Extension_nord-est
Extension_nord-est

1954 :

Après la naissance de leur deuxième fille Laure, puis de leur fils cadet François, Italo et Élisabeth décident, de leur propre chef, d’agrandir la cuisine, et d’aménager le volume situé entre celle-ci et l’Aile sud-est en chambre de bonne.

Cette extension nord-est est accessible directement depuis le hall central par une nouvelle porte vitrée.

Extension_nord-est
Extension_nord-est

1986 :

Alberto Sartoris revient voir la maison-atelier. Il en fait le tour tranquillement, s’assied pour prendre le café que lui a préparé Vincente, fille aînée d’Italo, et déclare :
   » Je suis content ! « 

Les extensions effectuées sans l’avoir consulté sont donc approuvées par le maître…

2004 :

La maison-atelier est classée monument historique de niveau 2
– importance régionale.

1986 :

Alberto Sartoris revient voir la maison-atelier. Il en fait le tour tranquillement, s’assied pour prendre le café que lui a préparé Vincente, fille aînée d’Italo, et déclare :  » Je suis content ! « 

Les extensions effectuées sans l’avoir consulté sont donc approuvées par le maître…

2004 :

La maison-atelier est classée monument historique de niveau 2 d’importance régionale.

Emblème du Style International

2005 :

Pierre, fils d’Italo, en collaboration avec l’architecte Stéphane Link de La Tour-de-Peilz, effectue les travaux d’entretien, de rafraîchissement et de mise à jour du bâtiment, sous l’oeil vigilant du Service des Monuments Historiques.

Cuisine et salles d’eau sont modernisées, la chambre de bonne au rez devient une salle de bain accessible depuis l’Aile sud-est, elle-même devenue « Master Bedroom ».
Les couleurs d’origine des mur, portes et boiseries sont restituées.

La maison est ensuite mise en location.

Mise à jour 2005
L'Atelier mis à jour en 2005
Mise à jour 2005
L'Atelier mis à jour en 2005

2017 :

Pierre et François, architecte et fils d’Italo, avec la collaboration de l’architecte Pascal Grand de Cully, effectuent les quelques aménagements requis par le changement d’affectation du bâtiment, qui passe d’une habitation à un lieu publique – le musée L’Atelier De Grandi, inauguré en septembre 2017.

Le bloc d’armoires de cuisine est supprimé pour donner aux visiteurs un accès direct à l’espace d’accueil aménagé dans la cuisine, dont les meubles sont masqués par un rideau. La double porte vitrée sud du hall est remplacée, car elle doit s’ouvrir vers l’extérieur pour offrir un chemin de fuite adéquate au public.

Musée 2017
Inauguration de l'Atelier en 2017
Musée 2017
Inauguration de l'Atelier en 2017

2018 :

Le musée présente l’exposition d’architecture « Habiter la Modernité » produite par les Archives de la Construction Moderne et Archizoom de l’EPFL. La maison-atelier y joue le double rôle de musée et d’oeuvre architecturale. Le visiteur en fait directement l’expérience spatiale, au-delà des plans, dessins, maquettes et photographies présentés.

L’exposition démontre que la maison-atelier, réalisation de l’architecte Alberto Sartoris, est rattachée au « Style International », mouvement architectural ainsi nommé par l’historien Henry-Russel Hitchcock (1903 – 1987), et défini par les principes suivantes :

  • la recherche de compositions harmonieuses au moyen de règles géométriques simples (refus de l’odonnance – symétrique – imposée par l’École des Beaux-Arts)
  • la lisibilité claire des fonctions, de l’intérieur comme de l’extérieur
  • l’abolotion de la décoration rapportée
  • l’exaltation de surfaces et de volumes élémentaires
  • l’adoption de procédés rationnels de fabrication et le recours aux nouveaux matériaux de l’époque

La maison-atelier, incarne ces principes de manière exemplaire et demeure encore aujourd’hui un objet architectural emblématique du Style International.

Exposition Habiter la Modernité
Style International : l'escalier
Exposition Habiter la Modernité
Style International : l'escalier

2018 :

Le musée présente l’exposition d’architecture « Habiter la Modernité » produite par les Archives de la Construction Moderne et Archizoom de l’EPFL. La maison-atelier y joue le double rôle de musée et d’oeuvre architecturale. Le visiteur en fait directement l’expérience spatiale, au-delà des plans, dessins, maquettes et photographies présentés.

Exposition Habiter la Modernité

L’exposition démontre que la maison-atelier, réalisation de l’architecte Alberto Sartoris, est rattachée au « Style International », mouvement architectural ainsi nommé par l’historien Henry-Russel Hitchcock (1903 – 1987), et défini par les principes suivantes :

  • la recherche de compositions harmonieuses au moyen de règles géométriques simples (refus de l’odonnance – symétrique – imposée par l’École des Beaux-Arts)
  • la lisibilité claire des fonctions, de l’intérieur comme de l’extérieur
  • l’abolotion de la décoration rapportée
  • l’exaltation de surfaces et de volumes élémentaires
  • l’adoption de procédés rationnels de fabrication et le recours aux nouveaux matériaux de l’époque


La maison-atelier, incarne ces principes de manière exemplaire et demeure encore aujourd’hui un objet architectural emblématique du Style International.

Style International : l'escalier

Source :
catalogue de l’exposition « Habiter la Modernité » de 2018