Le jardinier de Bellefontaine

Casimir Reymond | [1917?]
Huile sur toile | 84.5 x 60.5 cm
Période de Begnins
Personnages
Inventaire CR-63 | Collection privée, Suisse
Photo : François De Grandi

Caractéristiques artistiques

Sujet:

L’effort dans la nature

On est encore au cœur de l’inspiration première de Casimir Reymond : la gestuelle du travail de la terre et de l’artisanat. Ce jardinier est ici monumental, tant par sa taille que par son geste.

Composition:

Figure et fond | Rappels géométriques

À la différence avec “Le jardinier à la taille”, le jardinier occupe ici vraiment le centre du cadrage et le premier plan à part entière. Cependant, sa figure reste en symbiose avec le fond – le jardin – d’une façon nouvelle : la géométrisation sphérique des végétaux en rappel avec le chapeau du personnage impose une vision en volumes qui domine l’ensemble.
On discerne ici l’émergence du sculpteur, vision latente dans toute l’œuvre de Casimir Reymond, qui s’imposera plus tard, après la Grande Guerre.

Technique:

Huile sur toile

On est à ici un tournant : Casimir est maintenant résolu à trouver sa propre expression picturale : il utilise une touche cézannienne pour exprimer sa propre vision des volumes, celle qui dominera toute sa vie d’artiste par la suite, puis qu’il deviendra sculpteur.

Palette:

Dominante : 6640970

“…le tableau tout entier subit une intense vibration que le peintre obtient, à la manière de Cézanne, en parsemant la toile de petites touches disposées en biseau. La végétation vibrionne sous la chaleur des beaux jours, dans le jardin clos de Bellefontaine, propriété d’Emmanuel Reymond, frère de l’artiste.”
Christophe Flubacher, Catalogue de l’exposition p. 145

Contexte

Période:

Période de Begnins

Peut-être 1917 : il est permis de penser que cette composition a été réalisée après la grande exposition de la Grenette, à cause de la similitude de son sujet avec les œuvres peintes à Begnins, dans lesquelles Casimir décrit jardins et jardiniers. Ces œuvres sont moins virulentes et plus sereines que celles de la Grenette : Casimir, rassuré par le succès de cette exposition, est plus détendu et sa peinture plus lyrique.
Mais ce jardinier-ci est une œuvre charnière : elle contient d’une part tous les enseignements des maîtres et d’autre part la vision sculpturale qui constitue en quelque sorte l’ADN de l’art de Casimir Reymond.

Artistes en relation:

Ferdinand Hodler et Paul Cézanne

Ferdinand Hodler pour l’architecture puissante du geste.
Paul Cézanne pour la géométrisation systématique de la touche en biseau.

Faits de société:

Le labeur sacralisé

“Casimir Reymond a célébré les vignerons et les fromagers, les faucheurs et les bûcherons, les forgerons et les jardiniers, les casseurs de pierre et les cordonniers, les métiers de la terre et du fer, les métiers du grand air et celui de son père, les métiers qu’il a connus et qu’il a vus, les métiers que toujours il respectera parce que les hommes qui les pratiquent travaillent de leurs mains.
A cet égard, la monumentalité du jardiner de Bellefontaine saisi en plein effort a le poids d’une statuaire, en hommage au labeur de la terre. Un labeur que la Bible, par la grâce de ses messages allégoriques et de ses paraboles, a sacralisé ; un labeur que les affres de la Grande Guerre, de la récession des années 30 et de la Seconde guerre mondiale sanctifieront à leur tour. ”
Christophe Flubacher, Catalogue de l’exposition p. 146

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