PAVLINA

art visionnaire

Le musée L’Atelier De Grandi présente une rétrospective de 30 ans de création de l’artiste peintre Pavlina, représentante en Suisse de «L’art visionnaire», mouvement artistique représenté par son maître le français Gérard Di-Maccio et comptant, parmi de nombreux artistes internationaux comme Max Ernst, W.H. Füssli et le suisse HR Giger, qu’elle a bien connu.

Pavlina peint ses visions intérieures et tente de reconnecter l’humain à sa nature profonde. Elle nous dévoile son parcours spirituel entre ombre et lumière.

Visites guidées par l'artiste
les dimanches suivants à 15h :
11 décembre 2022
8 janvier, 5 février, 5 mars 2023

du 8 décembre 2022
au 5 mars 2023

le samedi et le dimanche
de 14h à 18h

Tarifs :
Adultes   CHF 12.- 
Membres/étudiants/apprentis/AVS CHF   10.-
Enfants  gratuit jusqu’à 18 ans

Accès :
Par les transports publics
ou stationnement à proximité
Désolé, l’accès pour chaises roulantes n’est pas possible

PAVLINA

PAVLINA

Suissesse d’origine allemande et tchécoslovaque, Pavlina est née en 1967. Après un séjour à Hawaï, elle s’installe à Paris en 1986, suit des cours de français à la Sorbonne et fait la connaissance du chef de file du mouvement de l’art visionnaire en France, le peintre Gérard Di-Maccio. Formée dans son atelier elle revient en Allemagne en 1992.

En 1999 elle ouvre son atelier à Lausanne puis à Montreux.

Plus de cent expositions aux quatre coins de la planète témoignent de son fort engagement humaniste. Elle est également la fondatrice de l’Association internationale Art Visionnaire Switzerland à Montreux.

PARU DANS ACCROCHAGES DÉCEMBRE 2022 - JANVIER 2023
flubi pavlina accrochages

Le talent de PAVLINA nous initie à un voyage intérieur d’ordre mystique où le visiteur se voit ramené aux origines de la vision. Le musée L’Atelier De Grandi présente une rétrospective de 30 ans de création de l’artiste, à Corseaux, du 8 décembre 2022 au 5 mars 2023. 

Par Christophe Flubacher, historien de l’art

L’œuvre peint de Pavlina dévoile un univers fondamentalement dual, où matière et esprit se démêlent encore incomplètement, où solide et liquide, loin de se repousser, se conjuguent, où la lumière sourd de l’intérieur, où le fond et la forme ne font qu’un, où l’évidence et l’informe dialoguent en transparence, le visible et l’invisible en contrepoint. Le terreau sur lequel repose l’ensemble de son travail ressortit à des mondes, des cultures et des spiritualités qui nous arrachent aux stéréotypes occidentaux. Ici, le Christ est une femme, là des mains sont des fleurs de lotus d’où jaillit une clarté mystique. Et puis, là encore, de jeunes et belles divinités s’inscrivent dans une tradition thibétaine.

A chaque fois, les corps émergent, translucides, dans un fondu enchainé cinématographique où s’entremêlent le personnage et le décor, chacun constitutif de l’autre. Parfois le visage se dédouble. Le premier n’est qu’un halo qui tend à la reconnaissance, le second se matérialise. De fait, Pavlina initie la temporalité dans sa peinture, une temporalité à rebours qui nous ramène aux origines et fait voir l’étendue infinie des possibles, quand le monde n’était pas encore domestiqué par la raison. Alors, oui, Pavlina est bien maîtresse de l’art visionnaire.

Dotée d’une virtuosité proprement hyperréaliste, Pavlina s’en sert paradoxalement pour déjouer le réel et nous initier à son pré-monde, nourri de neuve invention, à la genèse du regard, quand la pupille de l’œil renferme la Terre.

Sa peinture à elle seule détermine les arcanes de cet art, qui se nourrit de symbolisme, de mysticisme et postule une cosmogonie plurielle. S’agissant de définir l’art visionnaire, ses thuriféraires reconnaissent combien il est difficile de le décrire. Nombre d’artistes, tels Odilon Redon ou William Blake sont souvent extraits de leur gangue à dessein de servir la cause. Pavlina, elle, ne doit rien à personne, sa peinture affleure aux origines, aux premières lueurs de l’aube.

Au commencement est un tableau majuscule, « Les amants de l’automne», dont la facture, le grain, la porosité et la pigmentation ne sont pas sans rappeler Lascaux, avec ses parois où courent cerfs, chevaux, aurochs et rhinocéros. Dans les interstices de la toile, l’on devine des anfractuosités pariétales, des creux et des pleins d’où soudain l’œil devine enfin, greffés dans la pierre, une pommette, un œil plissé, le galbe d’un sein et l’aurore d’un baiser.