Italo De Grandi

Venise

aquarelles

Fermé
jusqu'au 30 novembre

En compagnie de Chessex, Capote, Cocteau, Fermine, Morand,
Nietzsche, Sollers, Tesson, Töpffer, de Régnier, Robles, Roy

Dans les dix dernières années de sa vie, Italo séjourne chaque hiver à Venise, attiré par les infinies variations des rapports de la pierre, de l’eau et du ciel, par les caprices muets des brumes ou la transparence musicale de l’air.
Il en ramène des brassées d’aquarelles sereines ou tragiques, somptueuses et délicates, énigmatiques ou gaiement ravies à l’instant, et dans lesquelles la menace de l’impermanence de la ville, rongée par l’érosion, glisse hors du temps.

À la Venise estivale et engorgée Italo préfère celle de la trêve hivernale, du calme, du silence. Il peint toujours sur le motif en janvier et février. Il choisit spécifiquement l’aquarelle : un peu d’eau, quelques pigments, beaucoup d’agilité pour capter transparences et lumières fugaces.

Si Jean d’Ormesson affirme qu’ « Aucune ville au monde n’est plus littéraire que Venise » cette exposition se devait de faire place à la littérature. Sa scénographie est conçue de manière à faire dialoguer les aquarelles avec des citations d’auteurs : Truman Capote, Jacques Chessex, Jean Cocteau, Maxime Fermine, Luiggi Grotto Cieco d’Hadria, Paul Morand, Friedrich Nietzsche, Philippe Sollers,Sylvain Tesson, Rodolphe Töpffer, Henri de Régnier, Emmanuel Robles, Claude Roy.

Jusqu'au 28 février 2021

Ouvert du jeudi au dimanche
de 13h30 à 18h00

Tarifs :
Adultes   CHF 12.- 
Membres/étudiants/apprentis/AVS CHF   10.-
Enfants  gratuit jusqu’à 18 ans

Accès :
Par les transports publics ou stationnement à proximité
Désolé, l’accès pour chaises roulantes n’est pas possible

Italo en 1985

Italo De Grandi (1912- 1988)

Italo De Grandi
(1912- 1988)

Très tôt Italo De Grandi manifeste un vif intérêt pour la représentation graphique de ce qu’il voit. Il dessine tout le temps et peint chaque fois que son apprentissage puis son travail de lithographe et de graphiste lui en laissent la possibilité. En 1933 il expose pour la première fois, au Musée Jenisch à Vevey. En 1934, il séjourne à Florence et à Sienne, voit tout, dessine tout.

En 1936 Italo emmène son frère Vincent à Paris où ils travailleront durant deux ans en réponse à l’appel du peintre et créateur de tapisseries Jean Lurçat.

En 1939 Italo s’installe avec son épouse Elisabeth dans sa nouvelle maison-atelier construite à Corseaux par Alberto Sartoris.

En 1944, il ouvre avec son frère Vincent, à Corseaux, un atelier d’arts graphiques voué à la conception et à la réalisation en sérigraphie d’affiches, de posters, d’étiquettes de vins, d’emballages de cigarettes, de cosmétiques, de parfum ou de chocolat. Parallèlement, Italo continue à peindre, en particulier des gouaches sur l’Adriatique ou dans la Loire chez son ami Gaston Vaudou. En 1956 il est admis à la Société des peintres, sculpteurs et architectes suisses.

En 1965 ses enfants ayant accompli leurs études, il décide d’abandonner les arts graphiquespour s’adonner exclusivement à la peinture et à la sculpture. En 1966, son ami le peintre Gérard de Palézieux lui propose de séjourner dans son cabanon à Grignan dans la Drôme (France). Italo tombe amoureux de ce pays alors encore à l’écart des circuits touristiques et lui rappelant l’Italie de son enfance. Il y acquiert en 1972 une maison en ruine qu’il restaure de ses mains.Il revient régulièrement en Suisse, notamment pour exposer à Lausanne à la Galerie Vallotton ainsi qu’à Vevey, Genève, Bâle, Berne et Sierre.

Dès lors s’ouvre une période très féconde : dessins, huiles, aquarelles, lavis, décorations de céramiques créées par sa fille aînée Vincenza. Il construit une dépendance à sa maison de Grignan pour y installer une forge : maîtrisant les techniques du fer battu, il réalise de nombreuses sculptures, dont un cadran solaire pour la ville d’Aubonne et une croix pour la tombe de Corinna Bille.

Dès 1980, Italo séjourne chaque hiver à Venise. Il en ramène des brassées d’aquarelles sereines ou tragiques, somptueuses et délicates, énigmatiques ou gaiement ravies à l’instant fugace et dans lesquelles la menace de l’impermanence de la ville rongée par l’érosion glisse hors du temps.

Italo De Grandi décède à Corseaux en automne 1988. Une rétrospective posthume a eu lieu au Musée Jenisch en 1993.